Contrat talent pour un court-métrage non rémunéré
Personne n'est payé, donc personne ne signe rien : c'est exactement comme ça qu'un film se retrouve bloqué en festival deux ans plus tard.
Mis à jour le 29/08/2026
Personne n'est payé, donc personne ne signe rien. C'est exactement comme ça qu'un film se retrouve bloqué deux ans plus tard, quand un festival demande la chaîne des droits, ou quand un comédien devenu connu ne veut plus apparaître. Le contrat talent coûte dix minutes le premier jour de tournage.
À quoi il sert vraiment
Il fait trois choses, et la deuxième est celle qui compte le plus longtemps.
- Il fixe l'engagement : le rôle, les dates, ce que la production prend en charge.
- Il cède les droits sur l'image et l'interprétation, ce qui vous permet de diffuser le film. Sans cette cession écrite, un festival, un diffuseur ou une plateforme peut refuser le film, et un comédien peut s'opposer à sa diffusion.
- Il cadre la communication avant la sortie, ce qui évite qu'une photo de plateau dévoile la fin trois mois avant la première projection.
Ce que le modèle contient
- Objet : la collaboration entre le producteur et le talent sur un film nommé.
- Prestation : le rôle, les dates de tournage, les lieux.
- Rémunération : la participation est non rémunérée, et c'est écrit.
- Défraiement : trois variantes, transport et logement et repas, transport et repas, ou repas seulement.
- Droits à l'image : supports de diffusion, territoire, durée.
- Confidentialité et communication : non-divulgation, mais droit de parler du film sur ses réseaux, dans des limites définies.
- Durée du contrat et dispositions générales.
Les trois variantes de défraiement sont à choisir, pas à empiler : supprimez les deux que vous ne retenez pas. Un contrat qui contient trois régimes contradictoires ne protège personne.
La limite qu'il faut connaître avant de signer
En droit français, un artiste interprète est présumé salarié quelles que soient la qualification donnée au contrat et l'absence de rémunération. Un contrat intitulé « participation bénévole » ne fait pas disparaître cette présomption à lui seul.
Ce que cela veut dire concrètement : la clause de cession de droits et la clause de communication restent utiles et sont ce pour quoi ce contrat vaut d'être signé. En revanche, la mention « non rémunéré » ne sécurise pas la production sur le terrain social si le tournage prend l'allure d'un travail encadré, avec horaires imposés, direction et durée significative.
Les pratiques qui limitent réellement le risque, et qu'on ne trouve dans aucun modèle :
- défrayer réellement, sur justificatifs, et garder les traces ;
- assurer le tournage, y compris pour les personnes présentes ;
- rester sur un format et une durée cohérents avec un court-métrage sans budget ;
- passer par une structure de production dès que le projet grandit, et basculer sur des contrats d'engagement en bonne et due forme.
Autrement dit : ce modèle est fait pour un premier court-métrage entre gens qui se connaissent. Au premier film financé, changez de document et faites-vous accompagner.
La durée de cession, à ne pas laisser vide
Le modèle laisse la durée en blanc, et c'est le champ le plus souvent oublié. Un court-métrage vit longtemps : festivals pendant deux à trois ans, puis diffusion en ligne, parfois une rediffusion dix ans après. Une cession de cinq ans vous oblige à retrouver tout le casting au moment où le film ressort.
Prévoyez large, et dites-le franchement au comédien : c'est un point qui se comprend très bien quand il est expliqué, et qui devient un conflit quand il est découvert.
Les mineurs
Un mineur ne signe pas : les deux titulaires de l'autorité parentale signent pour lui, et il faut les deux signatures. Selon la nature du tournage et le temps de présence, une autorisation administrative peut également être requise. C'est le point sur lequel il ne faut pas improviser : renseignez-vous avant de convoquer l'enfant, pas la veille.
Ce que contient le modèle
Le fichier Word ci-dessous reprend les articles décrits plus haut, avec les champs à compléter entre crochets et les trois variantes de défraiement. Faites-le signer en deux exemplaires, le premier jour de tournage, avant la première prise. Pour les personnes filmées qui ne jouent pas, figurants et passants compris, c'est le contrat de cession de droit à l'image qui s'applique.